Métro et la presse gratuite: Demandez l’édition spéciale!

23 Avr

La presse est en crise; de moins en moins de personne lisent les journaux papier. Vraiment? Et la presse gratuite dans tout ça? A Montréal, les journaux gratuits n’en finissent pas d’attirer des lecteurs. Horizons Médiatiques a décrypté les raisons d’un tel engouement avec Eric Aussant, le rédacteur en chef de l’édition montréalaise du journal Métro.

L ‘île de Montréal, c’est le quart de la population du Québec. Et ça, ça fait un bon peu de lecteurs potentiels pour les journaux. Depuis 10 ans, Métro occupe le leadership de la presse gratuite et même de la presse en général. Les chiffres sont assez significatifs: 670 points de distributions, 790 500 lecteurs hebdomadaires, une croissance de 13% en 2012.

«L’idée de base, c’est de se dire que le moment des déplacements dans les transports en commun n’est plus perdu puisqu’on s’y informe, affirme Eric Aussant. Métro est allé chercher des lecteurs qui ne lisaient pas les journaux traditionnels.»

Ça, c’était il y a dix ans. Depuis, la bataille fait rage dans les rues de Montréal entre Métro et son rival 24h, qui appartient au groupe Québécor. Pour tirer son épingle du jeu, Métro a deux armes: Les rédacteurs en chef invités et les éditions spéciales.

 

Inviter un artiste ou une personnalité à endosser  le costume de rédacteur en chef le temps d’un numéro est un exercice qui a fait ses preuves (on peut citer l’exemple de Libération qui fait souvent appel à cette formule). Métro a franchit le pas voilà quelques années déjà. Quelques fois dans l’année, toutes les éditions mondiales reçoivent leurs directives éditoriales d’une célébrité. James Blunt, Lady Gaga ou encore Karl Lagerfeld ont déjà tenté l’expérience. Plus souvent, des personnalités locales investissent la salle de rédaction et en prenne le contrôle. Fort d’une campagne de publicité qui précède l’édition, ces numéros sont bien souvent des succès.

« Lorsque l’ex ministre des finances du Québec Monique Jérôme-forget a accepté de prendre ma place, ce fut vraiment intéressant de l’entendre parler de son métier. Idem quand l’homme politique Mario Dumont est venu puisque c’était sa première sortie publique après sa démission de l’Action démocratique du Québec. Quant aux artistes, il est difficile d’en citer quelques uns mais l’équipe de la série Passe Partout et le conteur Fred Pellerin ont beaucoup marqué l’équipe », explique le rédacteur en chef.

Le choix d’un rédacteur en chef invité ne se fait pas au hasard. L’heureux élu doit avoir un regard particulier sur les évènements présents ou faire lui même parti de l’actualité.

Une autre grande différence de Métro d’avec ses outsiders, c’est son appartenance à un réseau mondial. Près d’une centaine d’édition coexistent en effet à travers le globe. Fort de cela, le journal est en mesure de distribuer plusieurs fois dans l’année des éditions spéciales: Spécial Bonheur, édition verte, Saint-Valentin, spécial enfant ou encore édition rose se succèdent tout au long de l’année.

Enfin, Métro partage chaque jour, ses colonnes avec des chroniques: humoristes, polémistes, hommes politiques, activistes, sont invités à donner leur avis sur l’actualité. Et cela fonctionne assez bien. Chaque semaine, les frasques des Justiciers Masqués (un duo comique) dans les pages du journal, font couler beaucoup d’encre et sont très largement partagés sur les réseaux sociaux.

«Le choix de nos chroniqueurs est souvent fait par fidélité. Beaucoup sont là depuis le début. Je pense que chacun amène un point de vue intéressant pour notre lectorat, déclare Eric Aussant.»

Un webzine pour suivre les pratiques journalistiques québecoises

16 Avr

La France a Journ@lismes, le blog d’Erwan Gaucher et une multitude de programmes consacrés à l’analyse des médias. Au Québec, il y a … rien, ou quasiment rien. Mais la situation a changé puisqu’un nouveau webzine vient d’être crée.

On recense dans l’histoire des médias québecois quelques émissions du genre à la télévision et deux magazines qui traitent du sujet. Pourtant ces émissions ne passent plus depuis la fin des années 1990, et les magazines Projet J et Trente ne paraissent qu’épisodiquement en s’adressant à un public averti de journalistes. Bref, il était grand temps qu’on nous parle de pratiques journalistiques dans la belle province. Le Conseil de presse du Québec (CPQ) a ainsi dévoilé voilà quelques jours son nouveau site web et  du même coup son magazine numérique.

«Notre site devient ainsi une vitrine importante de ce qui se pense, s’écrit et se dit sur les pratiques journalistiques de qualité, au Québec, au Canada et même ailleurs, a déclaré le secrétaire général du CPQ Guy Amyot.  Nous sommes convaincus de la pertinence et de la nécessité d’observer et de rapporter ces pratiques, et d’animer un franc débat autour des réactions qu’elles peuvent – et doivent – susciter.»

Produit par une équipe réduite, ce webzine propose une revue de presse quotidienne, des nouvelles, des entrevues et des reportages originaux. Des grandes collaborations viennent dorer le blason de ce projet. Parmi eux,on retrouve  le professeur de journalisme de la New York University, Jay Rosen, ainsi qu’Yves Agnès, ancien rédacteur en chef du Monde, qui travaille aujourd’hui à mettre en place un observatoire de la déontologie journalistique en France.

«C’est assez particulier comme approche, je n’ai pas vu d’initiatives semblables de la part d’autres conseils de presse», insiste Guy Amyot, qui ajoute que le webzine jouira d’une totale indépendance éditoriale.

Alors que le milieu journalistique s’interroge plus que jamais sur les fondements de sa pratique et de sa profession, et que les lignes semblent se brouiller toujours davantage entre ce qui relève du journalisme et ce qui relève de la communication publique, la pertinence d’un espace de réflexion ouvert et large portant sur l’éthique et la déontologie journalistique semble s’imposer d’elle-même.

 Ainsi, le Conseil de presse a un souci d’informer la population sur le fonctionnement des médias et espère que son nouveau webzine intéressera un large public. Il envisage également de créer une section pour les jeunes. Parallèlement, le Conseil de presse va lancer ses 20 dernières années d’archives et de compte-rendus et prévoit de se tourner prochainement vers les têtes blondes québécoises.

«Je visite beaucoup d’écoles et les jeunes ont un véritable intérêt pour tout ce qui touche les médias, affirme M. Amyot. Ils aiment discuter des choix éditoriaux, mais aussi de la publication d’une photo plutôt qu’une autre.»

Guy Amiot

En résumé, le dernier né du Conseil de presse va s’en nul doute devenir un incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’envers du décors.

DE LA PLACE DES JOURNALISTES DANS LES MANIFESTATIONS

7 Avr

L’arrestation mercredi matin d’un caméraman de la chaîne communautaire et universitaire Télé-Concordia (CUTV), lors d’une manifestation des étudiants contre la hausse des droits de scolarité, pose la question du rôle des journalistes lors des rassemblements étudiants et a provoqué le débat au Québec.

 

«Notre rôle va au-delà du fait de respecter ce qu’on nous demande puisque nous sommes là pour rapporter la réalité aux citoyens, affirme Laura Neil, directrice générale de CUTV. Je ne pense pas que notre caméraman empêchait les policiers de travailler.»

Laith Marout, journaliste et caméraman de la chaîne de télévision de l’Université Concordia, a été arrêté mercredi matin alors qu’il couvrait une manifestation étudiante au centre-ville de Montréal. La manifestation avait fini par être déclarée illégale et les services de police (SPVM) ont alors procédé à 76 arrestations.

Partir ou rester?

Le SPVM a  prévenu le cameraman de la nécessité de quitter la place. «Vous devez bouger de là, si vous ne le faites pas, on vous arrête!» lui ont-ils déclaré.

Le journaliste a répété aux policiers «Je suis des médias, nous sommes en direct» pour expliquer sa présence et à demander à parler à l’un des supérieurs. Les forces de l’ordre l’ont tout de même interpellé pour entrave à leur travail, avant de confisquer son matériel et de l’amener au centre opérationnel Sud de Montréal où il a été détenu six heures.

Selon la chaîne qui emploie Laith Marout, celui-ci respectait les consignes de sécurité.  Les vidéos qui relatent la scène montrent pourtant que les policiers l’ont averti à plusieurs reprises qu’il devait quitter les lieux. Le journaliste considère que son arrestation résulte du malaise des autorités face aux images qu’il diffusait en direct. Par ailleurs, il estime que son comportement est celui que devrait avoir tous les professionnels des médias. «Qu’est-ce qu’il se serait passer en Libye ou en Syrie si les journalistes avaient écouté la police?», a-t-il souligné.

Montréal et Damas, même combat?

La comparaison peut paraître exagéré. Montréal est une ville très loin de l’effervescence du Caire ou de Tripoli durant le printemps arabe. Et si le cameraman estime que les comportement des journalistes doivent être les même sous les latitudes du Proche-Orient et du Maghreb que dans la métropole québécoise, cela est assez dissonant avec les explications de sa supérieure qui a affirmé plus tôt que les policiers ne devait pas se comporter comme lors d’un conflit. «Nous ne sommes pas en zone de guerre!»  a déclaré Laura Neil, directrice général de CUTV. Les journalistes et les policiers ne doivent-ils pas être soumis à la même enseigne quand au contexte de leurs actions?

Un mélange des genres

Lors de cette manifestation, Laith Marout arbhoré le celebre carré rouge symblole des étudiants en colère. La question est sur toutes les lèvres: est-ce qu’un journaliste peut afficher ses idées lors de rassemblement?

L’équipe de CUTV considère que leur position de média communautaire leur permet de prendre position dans le conflit entre les étudiants et le gouvernement.

La Fédération professionnel des journalistes du Québec (FPJQ) se dit perplexe par rapport à cette affaire. « Nos membres ne se présentent pas comme journalistes et militants, explique Brian Myles, président de la FPJQ. Ils ont la présence d’esprit de se retirer et de trouver une distance raisonnable quand un rassemblement est déclaré illégal».

Le président de la Fédération considère que se présenter à la fois comme militant et journaliste contribue au mélange des genres et qu’un média communautaire, comme un média traditionnel, ne doit pas faire les évènements mais se contenter de les communiquer.

La chaîne CUTV envisage d’entamer des poursuites judiciaires contre le SPVM après la concertation de l’ensemble du personnel.

(les propos de Laura Neil, Laith Marout, la SPVM et Brian Myles ont été recueillis le 05-04-12)

LaFrenchTv: Un Arte à la sauce américaine

2 Avr

Depuis 1989, Arte rehausse le niveau de la télévision européenne d’un point de vue culturel et artistique. Depuis le mois dernier, une web Tv franco-américain entend exporter le modèle et mener le même projet outre atlantique, c’est la French tv.

Lancé courant février, La French tv est une web Tv américaine basé à San Francisco. Son fondateur, Laurent le Gall est réalisateur de documentaire est californien depuis presque 30 ans,  mais comme le nom de sa chaine l’indique, il est français.

 Cette chaine est résolument tournée vers la culture et l’ouverture d’esprit, comme sa lointaine cousine franco-germanique dont le slogan est «la télé qui vous allume» . Pour ce faire, l’équipe propose des capsules sur l’art, le voyage, et des documentaires sur la nature.

Une chaîne multilingue et multiculturelle

Cette nouvelle chaine s’adresse principalement a la communauté francophone d’Amérique du Nord – en cela, elle s’apparente plus ou moins à une version animée du magazine France-Amérique -. Ce choix de cœur de cible l’incite a utilisé conjointement les langues de Shakespeare et de Molière. On peut ainsi profiter du contenu du site dans une langue comme dans l’autre.

 Parallèlement, l’aspect multiculturel de son auditoire l’oblige à diffuser des reportages à la fois sur ce qui intéresse les américains de la culture des frogs, et ce qui nous intéresse, nous, du rêve américain. Ainsi, la programmation du moment laisse la place belle à The Artist, l’Amérique en marge, celle qui sent la liberté (Le Burning Man), ou encore aux DJs de la French Touch.

Pour couronner le tout, il y a ce qui fait le succès de la webTv: la découverte de l’Amérique profonde grâce à un oublié de la télévision française.

The Teacher

On l’avait quelque peu perdu de vue en France, Gérard Klein, l’ancien acteur de la série télévisée «L’Instit» a rejoint l’équipe de La French Tv pour les besoins d’un documentaire en mode Road Trip.

Celui qu’on a connu comme étant Victor Novak explore depuis quelques temps les États-Unis, d’état en état, pour «L’Amérique dans tous ses états». Résultat, 50 épisodes qui racontent les 50 états d’Amérique. Au final, c’est une véritable encyclopédie sur l’american way of life que nous livre l’acteur.

Chacun de ces opus est un pont entre les la France et l’Amérique, comme celui sur le Vermont où M. Klein nous apprend que cet état, c’est un peu la Normandie made in USA. Bref, Victor Novak a définitivement lâché sa moto, son tableau noir et ses élèves pour un pick up, un banjo et surtout, pour sortir des sentiers battus.

« La French TV, based in San Francisco (California), is a cultural web TV channel promoting open-mindedness via inspiring videos to its multicultural audiences.« 

Retrouvez la French Tv sur twitter: http://twitter.com/lafrenchtv

Le journalisme web, l’avenir du papier?

30 Mar

Métro Montréal est un journal bien dans son temps. Né il y a dix ans sur le papier, le média développe depuis 2008 une plateforme d’information sur internet. Rencontre avec l’équipe web du journal pour savoir ce que ce bouleversement a changé dans leur quotidien et leur vision du journalisme.

 

 

Tous les matins, dès 4 h du matin, les lecteurs peuvent, à chaque coin de rue et devant chaque bouche du métro montréalais, assouvir leur soif d’information grâce aux nouvelles qu’ils lisent dans le quotidien gratuit Métro. Les plus interactifs peuvent pourtant, et depuis 2008, lire ces infos sur la Toile, la veille. La raison de ce prodige? Une équipe de journalistes web assez réactive.

 

Et Dieu créa le Web journalisme

 

L’intrusion du Web dans le journalisme est la principale innovation qui a touché la profession au courant des années 2000.

«Il y a un coté gestion chez le journaliste web que n’a pas forcement le journaliste traditionnel, affirme Audrey Lavoie, journaliste web. Et il y a la rapidité. On ne travaille pas pour le journal de demain mais pour l’immédiat.»

La promotion de ses articles sur les réseaux sociaux et les échanges interactifs entre professionnel est une donnée qui paraît aujourd’hui très banales mais qui, il y a dix ans, n’étais pas du fait des journalistes.

Pour Christian Duperron, directeur des plateformes interactives, le passage au numérique a révolutionné son mode de travail. «Au départ, j’étais journaliste papier. La transition s’est faite quand on a crée un site web pour accompagner le format papier. Tout cela a changé notre rapidité d’exécution.»

Il est désormais primordial d’avoir l’information le plus rapidement possible, de les construire très vite et de la mettre en ligne alors même qu’elle n’est pas achevée, selon le journaliste. La règle principale demeure la rapidité.

Pour autant, le journalisme Web, ce n’est pas seulement rajouter des liens hypertextes à un papier. «Je suis tanné d’entendre les gens dire qu’il faut rajouter des vidéos et des hyperliens. Nous sommes en 2012. Le web journalisme, se n’est pas écrire comme en 1992 et rajouter un lien, C’est une manière de penser, c’est aussi faire les choix des intervenants grâce au support.»

 

Allier les supports en les différenciant

 

Est-ce qu’avoir un site internet, ce n’est pas juste un gadget qui répète les informations déjà présentes sur les pages du journal?

Pas tout à fait pour Rachelle McDuff, co-directrice de l’information.

«Chez Métro, nous traitons nos deux supports comme deux médias très différents. Certains articles ne vont que sur le web, d’autres ne font l’objet que de brèves sur le papier et sont davantage développés sur internet. L’information ne prend pas la même forme d’un format à l’autre.»

Autre différence, le site web se focalise sur l’hyperlocal alors que la version papier est plus généraliste. Metro essaye de toujours illustrer ce qui se passe à Montréal au même moment sur sa page d’accueil.

 

Le numérique va-t-il tuer le papier?

 

«À court terme, il est clair que le le web ne tuera pas les journaux physiques, explique Audrey Lavoie. Mais a long terme le support électronique devrait prendre davantage de place, notamment avec la popularité des tablettes. »

Cela dit, un journal comme Métro n’a de sens que sur papier puisque c’est un journal de transport, un canard distribué aux passants.

Perdre les journaux tel que nous les connaissons aujourd’hui, c’est perdre la relation privilégiée et tactile qu’on lie au papier, celle du café accompagné du froissement des feuilles, affirme la journaliste de Métro qui reconnaît pourtant s’informer principalement sur le web.

 Pour d’autres membre de l’équipe, la cohabitation entre les deux formats est possible et le journal Métro en est le bel exemple. « On lie de plus en plus de liens entre les supports et les plateformes, mais certaines choses ne seront jamais vraiment «web friendly», affirme Anicée Lejeune, une autre journaliste web de la rédaction.

 

La nostalgie du Papier

 

Anicée redoute la disparition du papier avec lequel elle a grandit et avec lequel elle a commencé sa carrière. «Je serai toujours une journaliste papier dans l’âme», confie la journaliste.

«Si nos journaux papier venaient à disparaître, je serai forcement nostalgique, mais j’ai quand même espoir dans les possibilités qu’offre les tablettes et leur portabilité. Rien ne remplacera le sentiment de lire un journal papier. Pour autant, la nostalgie ne s’entend que pour ceux qui ont grandit avec le papier. Mon fils ne sera surement pas nostalgique du papier si il venait a disparaître », conclut le directeur des plateformes interactives de Métro.

 

L'équipe du Journal Métro Montréal

 

«Le journaliste web est multi plateforme, il lui faut certaine connaissance», Audrey Lavoie, journaliste Web à Métro Montréal.

 

 

VERS LA CREATION D’UN STATUT DE JOURNALISTE AU QUEBEC

19 Mar

Il y a quelques mois, les membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ont voté à 87 % pour la mise en place d’un titre de journaliste professionnel.
Aujourd’hui, à un tournant de l’histoire médiatique, les journalistes souhaitent se distinguer des blogueurs et des journalistes-citoyens. Quelles solutions pour y parvenir?

La FPJQ vit là un changement majeur de sensibilité de la part de ses adhérents. Déjà, au milieu des années 2000, la question avait déjà été abordée, mais en vain.Les débats restent houleux entre les défenseurs et les opposants au projet. Déjà, avec le rapport Payette, la question était lancée.
En plus de l’adoption d’un titre professionnel, le rapport de la FPJQ recommande l’instauration d’une aide financière de Québec et des allocations annuelles allouées au Conseil de Presse. Par ailleurs, la Fédération souhaiterait que les journalistes québécois soient dans l’obligation de s’acquitter de cours de français chaque année pour participer à la défense de cette langue.
Lors de l’assemblée générale de la FPJQ, fin 2010, les administrateurs ont voté à l’unanimité en faveur de l’élaboration d’un titre. Et finalement, le vote d’avril 2011 confirme la volonté d’une partie des journalistes de voir leur profession reconnue et protégée.

 
«Il y a une majorité significative de journalistes qui veut la création d’un titre», Brian Myles, président de la FPJQ. 

Il faut souligner que tous les journalistes québécois ne sont pas membres de la FPJQ. Ce n’est donc pas la majorité des professionnels qui appui ce programme. Dans tous les cas, la décision finale reviendra au gouvernement libéral, qui, par une loi, décrétera ou non la création du titre.

«On veut un titre pour différencier les journalistes des blogueurs, pour obtenir des droits et pour contrer les pressions externes. Les gens sont de plus en plus craintifs dans le métier, il faut dire qu’on gère une longue décroissance», poursuit le président de la fédération.

 

 
Des nouveaux modèles

Deux modèles pourraient émerger d’une telle décision. Un modèle à la française ou des critères d’attribution ressemblant à ceux qu’utilise aujourd’hui la FPJQ, c’est à dire que chacun serait libre d’y adhérer ou pas.

En France ou en Italie la carte de journaliste est obligatoire et confère des privilèges et des responsabilités. Le Québec semble se diriger vers un autre modèle plus léger que le français.

«Il faut encore peaufiner la démarche et rencontrer surtout rencontrer les autorités», conclut Brian Myles.

Ce genre de titre n’existe pas du côté du Canada anglophone, ni même aux États-Unis. Le Québec serait donc la première province à mettre en place un tel système de régulation de la profession. Un bon point pour la Belle Province.

 

 

CLP : Pour un journalisme global et engageant

16 Mar

Depuis 1984, les conférences TED sont des propagateurs d’idées. TED, c’es 18 minutes pour changer le monde. Ces allocutions couvrent un large éventail de sujets, tel que la science, les arts, la politique, les questions mondiales, l’architecture, la musique et plusieurs autres sphères de compétences.

Dimanche dernier, une capsule d’une conférence du TEDxRainier est ressortie lors de la session TEDx de l’Université de Montréal. Sarah Stuteville, journaliste, y présente le projet Common Language (CLP).  Common language est une organisation multimédia basée à l’Université de Washington. Elle s’est donnée pour mission d’informer les américains de tous les ages aux questions les plus cruxiales et les fédérer grâce à une force innovante et accessible de gestion de l’information. Son travail repose en trois points.

Normes internationales d’information

Les journalistes CLP entreprennent le plus souvent des projets en rapport avec l’actualité mondiale. Leur travail tend à se concentrer sur les personnes touchées par les principaux enjeux de justice sociale – les petites histoires humaines qui illuminent les grandes questions sociales, politiques ou économiques. Le CLP s’axe sur les droits de l’homme, l’égalité des sexes, la justice sociale et économique, l’immigration, l’éducation, du travail, la santé et l’environnement.
Reportage à caractère local

Le projet Common Language est à l’image de sa ville natale, Seattle : plongé dans le multiculturalisme et la diversité. Il rend par ce biais l’actualité de cette région sur les questions d’immigration, des réfugiés et de santé mondiale.

CLP utilise différentes plates-formes de distribution. Le résultat de leur travail  dans une série de points de vente locaux, nationaux et internationaux, mais chaque histoire – dans sa présentation multimédia le plus complet – est également publiée sur le site web.
L’éducation à l’information

La CLP estime que le premier devoir d’un journaliste est d’éduquer. Pour le mouvement, l’éducation aux médias est la clé pour favoriser une diversité du paysage médiatique. En plus d’instruire au journalisme numérique, CLP collabore avec des journalistes internationaux émergents par le biais du parrainage fiscal et de tutorat.

Voici la conférence:

http://www.youtube.com/watch?v=UotkwTlm8QU

Les objectifs du projet :

Favoriser l’apparition d’un public de consommateurs informés et engagés dans les problèmes  mondiaux
Être à la fois accès à la fois sur l’étranger et sur la communauté locale

Produire des médias qui mettent en lumière les problèmes cruciaux de notre temps à l’aide des techniques de narration innovantes

Promouvoir le journalisme comme un service public sans but lucratif
Raconter des histoires humaines par la recherche de personnes qui travaillent sur le terrain et ceux qui sont directement touchés par les questions

L’initiative a deja reçu les prix suivants:

  • 2008 Knight Batten Awards for Innovations in Journalism, Interactive Narratives
  • 2008 Society of Professional Journalists Award, First Place, Business Reporting
  • 2008 Unity Awards in Media, Reporting of Economics
  • 2008 Edward R Murrow Award, Region 1, News Series
  • 2006 Knight-Batten Awards for Innovations in Journalism, International News
  • 2006 Independent Press Association Award